Hors-série "Philosophie du réchauffement climatique"

Leibniz climatologue

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Cet article est issu du Hors-série n°n°46 de Philosophie magazine « Philosophie du réchauffement climatique », en kiosque le 23 juillet 2020. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Le film Le Jour d’après (2004) de Roland Emmerich suit le paléoclimatologue Jack Hall (Dennis Quaid) occupé en Antarctique à forer des carottes de glace quand, soudain, le plateau de glace se détache du reste du continent. S’ensuivent des dérèglements climatiques majeurs sur la planète. D’énormes grêlons s’abattent sur Tokyo, de gigantesques tornades détruisent Los Angeles, et New York est noyée sous les eaux qui, bientôt gelées, transforment la ville en banquise. Sur la Station spatiale internationale, les astronautes regardent avec stupeur la planète prise dans les glaces.

La goutte de trop

Catastrophe, en grec, signifie inversion. On imagine toujours quelque chose de soudain et brutal, sur le modèle du Titanic. Deux objets trop grands, un bateau et un iceberg, se rencontrent : le temps d’apprendre à survivre, il est déjà trop tard. Pourtant, même dans Titanic, la catastrophe respecte la notion de seuil. Le bateau se remplit progressivement d’eau, il peut flotter jusqu’à un certain point, puis soudain se brise. L’événement perceptible, massif, spectaculaire, n’est que l’avènement visible d’un progrès invisible.

Le film Le Jour d’après repose sur le même principe, et sur l’hypothèse d’un réchauffement climatique progressif jusqu’au seuil où tout bascule. Avant la catastrophe, les signes perceptibles des seuls regards exercés se multiplient : les météorologues repèrent des températures anormalement basses, les climatologues constatent des fontes alarmantes au pôle Nord.

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