Lexique Spinoza
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Cet article est issu du numéro 63 de Philosophie magazine « 63 - octobre 2012 », en kiosque le 28 septembre 2012. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Dieu
« J’entends par Dieu un être absolument infini, c’est-à-dire une substance constituée par une infinité d’attributs dont chacun exprime une essence éternelle et infinie » (Éthique, I, déf. 6). Spinoza emploie l’un des mots clés de la philosophie de son temps, la « substance », pour désigner Dieu, lequel se confond avec la totalité dans laquelle nous vivons. « Deus sive natura », écrit le philosophe (IV, Préface et prop. 6, démonstration) : « Dieu ou la nature », « Dieu, c’est-à-dire la nature ». Cette équivalence a créé le scandale : même si Dieu est conçu comme un être unique, éternel et autosuffisant, il ne s’agit pas du Dieu des religions monothéistes. Spinoza ne croit pas à un Dieu révélé, créateur et providentiel. En ce sens, il est athée et a été condamné comme tel. Cependant, il était très affecté par les accusations d’athéisme, car, selon lui, il ne fait que penser le « vrai » Dieu, non pas transcendant, mais identifié à la nature.
Attributs
Ce sont les aspects, les manifestations ou encore les plis de la substance (à savoir Dieu ou la nature). En nombre infini, ils la constituent, et c’est par eux qu’elle peut être connue – Spinoza dit que les attributs sont « l’expression » de Dieu. Nous, humains, n’avons accès qu’à deux attributs : la pensée et l’étendue (la matière). Comme tout attribut reflète et renvoie à Dieu, Spinoza peut écrire qu’il est à la fois une « chose pensante » et une « chose étendue » (II, prop. 1 et 2) – nouveau blasphème… Corollaire : si nous saisissons les lois de la pensée et de l’étendue, alors nous pourrons connaître Dieu. Le réel est entièrement intelligible ; le rationalisme intégral de Spinoza ne laisse place à aucun mystère.