Au fil d’une idée
Marins d’eau douce
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Cet article est issu du numéro 144 de Philosophie magazine « Enquête sur la fusion du travail et de la vie », en kiosque le 29 octobre 2020. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
L’eau douce est définie comme une eau dont la salinité est inférieure à 1 % de celle des océans, qui est en moyenne de 35 g de sel par kg d’eau de mer.
L’eau douce représente près de 2,5 % de la totalité de l’eau sur Terre, soit 35,2 millions de milliards de m³.
1 % de cette eau douce est facilement accessible sous forme liquide et utilisable par l’homme.
9 pays se partagent 60 % des ressources mondiales d’eau douce.
Entre 2000 et 2017, la population mondiale ayant accès à des services d’alimentation domestique en eau potable est passée de 61 à 71 %.
3 milliards de personnes ne peuvent pas se laver les mains à domicile. Parmi elles, 1,6 milliard disposent d’un accès limité à l’eau et au savon, tandis que 1,4 milliard n’ont accès ni à l’une ni à l’autre.
Dans le monde, plus de 90 % de la gestion et de l’assainissement de l’eau relèvent des pouvoirs publics, sauf en France où 31 % des services d’eau potable sont gérés par délégation et assurent l’approvisionnement de 60 % de la population.
97,9 % des Français de métropole ont accès à une eau gérée en toute sécurité. 2,1 % se contentent des services élémentaires (points d’eau améliorés situés à moins de 30 minutes aller-retour).
“L’être humain a le destin de l’eau qui coule”
Gaston Bachelard / L’Eau et les Rêves
Comptez 2 600 litres d’eau pour fabriquer un hamburger et 8 000 pour une paire de chaussures en cuir.
Aux États-Unis, l’« empreinte eau par personne » est de 2 483 m3/an. Celle de l’Inde est de 980 m3/an. En France, elle atteint 1 875 m3/an.
Le lac Baïkal, à l’est de la Russie, est le plus vieux lac (25 millions d’années) et le plus grand réservoir en eau douce du monde avec un volume de 23 000 km3, soit 20 % des eaux douces non gelées de la planète. Menacé par les algues vertes et la pollution aux phosphates, il est inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco.
Parmi les 26 plus grands bassins hydrographiques du monde, 12 sont directement menacés à la fois par le réchauffement climatique et par l’accroissement démographique des populations locales. Par ailleurs, il est possible que 10 d’entre eux fassent l’objet de tensions politiques majeures dans un futur proche.
La probabilité de conflits dans les zones transfrontalières de bassins fluviaux (Nil, Gange-Brahmapoutre, Colorado, Tigre-Euphrate, Indus) est de 74,9 % en 2050 et de 95,3 % en 2100 selon le degré de réchauffement de la planète.
La plus ancienne guerre de l’eau recensée opposa les royaumes d’Umma et de Lagash (au sud de l’Irak) vers 2600 av. J.-C..