Série : êtes-vous de gauche ou de droite ?

Norman Ajari : “La gauche devrait entamer une profonde autocritique”

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Norman Ajari : “La gauche devrait entamer une profonde autocritique”

© Collection personnellle

Le clivage gauche-droite est-il encore pertinent pour s’orienter dans la politique contemporaine ? Alors que les sondages font état d’un basculement électoral de l’opinion vers la droite et d’une fragmentation de la gauche, dans le champ idéologique, l’état des lieux est opaque : les uns considèrent que l’extrême droite a gagné la bataille des idées en ayant réussi à mettre les questions autour de l’islam, de la laïcité et de la sécurité au centre du débat, les autres considèrent que la gauche radicale polarise le débat autour des questions du racisme, de la cancel culture, du genre et de l’identité. Chaque camp accusant l’autre de « faire le jeu » de l’extrême droite. Pour y voir plus clair, nous avons demandé à une dizaine de jeunes philosophes issus de toutes les couleurs du champ politique, de répondre à trois questions : êtes-vous de gauche ou de droite ? Comment définissez-vous ce partage ? Va-t-il disparaître ou être réinventé ?

Aujourd’hui, la réponse de Norman Ajari, héritier de Frantz Fanon, défenseur du panafricanisme et de la pensée décoloniale, auteur de La Dignité ou la mort. Éthique et politique de la race (La Découverte, 2019). Le jeune philosophe regrette la perte de vigueur d’une gauche oubliant son héritage contestataire, au nom d’une redéfinition abstraite et performative. Il invite le mouvement à une profonde remise en question sur la base d’une autocritique de ses thèmes de prédilection, comme le progressisme.

Trois questions politiques à Norman Ajari