Exposition
Passion cartographie : comment représenter le monde quand on n’a pas tous les outils ?
“O caput elleboro dignum” (“Monde dans une tête de fou”), vers 1590. Bibliothèque nationale de France. © Domaine public
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Des dragons médiévaux aux terrae nullius de la cartographie des temps modernes, représenter le monde a toujours été un défi. L’exposition « Cartes imaginaires. Inventer des mondes » à la Bibliothèque nationale de France le déroule avec éclat : faute de pouvoir saisir le monde tel qu’il est, l’humanité n’a cessé de l’imaginer.
Oubliez le plastique des cartes du monde punaisées au fond de la classe ; les longitudes sévères, les États séparés à la serpe et les sages continents barbotant dans leurs océans respectifs ; place aux parchemins crénelés, aux monstres marins, aux roses des vents en furie et aux atlas d’un autre âge. L’exposition « Cartes imaginaires. Inventer des mondes », présentée jusqu’au 19 juillet 2026 à la BNF, à Paris, n’est pas qu’une expérience esthétique – une navigation entre des manuscrits précieux doublée d’une immersion sonore et visuelle dans des mondes inexplorés. C’est aussi, et surtout, une aventure philosophique.
“Comment représenter le monde ? La tâche est plus facile à dire qu’à voir”
Autour des cartes produites par l’humanité du Moyen Âge à nos jours flotte une question de poids. Comment représenter le monde ? La tâche est plus facile à dire qu’à voir. Quand bien même les meilleurs outils seraient à notre disposition, nous ne pourrions pas enserrer la totalité de ce qui est du regard ou du crayon. Le monde n’est pas ce dont nous faisons l’expérience, mais la condition sans laquelle l’expérience de certaines de ses parties s’avère impossible. D’où le casse-tête : comment représenter ce qui ne se présente jamais entièrement à nous ? La réponse est le pari de cette expo : en passer par l’imaginaire !