Société
“Peine géographique” : comment sortir les territoires de l’abandon ?
Juillet 2021. Une station-service fermée et laissée à l’abandon en Loire-Atlantique. © Nicolas Messyasz/Sipa
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Un politologue a forgé un nouveau concept pour désigner le sentiment qu’ont les habitants des banlieues et des communes rurales d’être délaissés par les pouvoirs publics : la « peine géographique ». Explications.
« Peine géographique » : c’est par cette expression que le politologue Brice Soccol, coauteur de Parlons-nous tous la même langue ? Comment les imaginaires transforment la France (Éditions de l’Aube, 2024), commentait les résultats de l’étude récente de l’Ifop sur « le regard des habitants des banlieues et des communes rurales sur l’action publique et l’accès aux services publics » : « Vous avez une majorité de ruraux qui se sentent dans le déclin français, éloignés de tout, rejetés dans leur mode de vie – par exemple sur l’utilisation de la voiture – et une majorité d’habitants des banlieues qui se sentent stigmatisés et oubliés. » Les habitants de ces deux espaces géographiques éprouvent, note-t-il, « le sentiment d’une relégation » et « de mise à l’écart de la République », d’abandon et d’isolement ; en somme, un sentiment de ne pas exister pour le reste de la communauté nationale.
L’abandon géographique, un sentiment protéiforme
Rareté ou vétusté des services publics, difficultés d’avoir un rendez-vous médical, activité économique moribonde, chômage… Banlieues et communes rurales – qui ont évidemment aussi des préoccupations spécifiques – partagent l’impression d’être mises de côtés, délaissées par les investissements privés et l’action publique, étatique tout particulièrement, qui se décide à Paris. « Les deux catégories sont dans un imaginaire commun que l’on peut qualifier de “peine géographique”. »