Politique

Quand Gérald Darmanin cite Antonio Gramsci

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Quand Gérald Darmanin cite Antonio Gramsci

Débat sur France 2 entre Marine Le Pen et Gérald Darmanin durant l’émission Vous avez la parole, le 11 février 2021. © Jacques Witt/SIPA

 

« Quand on est gramsciste, on pense que les idées et la culture influencent et transforment profondément la société » : la référence mobilisée par le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin lors de la première table ronde organisée dans le cadre du « Beauvau de la sécurité », le 8 février dernier, n’est pas passée inaperçue. 

Drôle de référence : Antonio Gramsci (1891-1937) est l’un des plus importants théoriciens du marxisme. Gérald Darmanin, lui, ne fait pas mystère de son attachement à la droite. Leur pensée est donc en apparence incompatible. Le ministre n’est pourtant pas le première figure qui, de l’autre côté de l’échiquier politique, cite le penseur italien. En 2018, Marion Maréchal affirmait : « Il est temps d’appliquer les leçons d’Antonio Gramsci » pour mettre fin à la domination de l’idéologie de gauche. Marine Le Pen, elle aussi, s’affirme lectrice du théoricien. Tout comme Éric Zemmour, d’ailleurs, qui dit livrer un « combat idéologique et culturel ». 

Les racines de cette réappropriation sont, à vrai dire, plus lointaines : dès les années 1970, Alain de Benoist, principal animateur de la Nouvelle Droite identitaire, assénait que « la droite française […] n’a pas saisi l’importance de Gramsci. » 

Gramsci le marxiste, récupéré par la droite libérale et l’extrême droite identitaire ? En jeu, son concept d’« hégémonie culturelle ».

L’“hégémonie culturelle”, qu’est-ce que c’est ?