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Qu’est-ce qu’un “Sage” ? Réponse avec Platon et Nietzsche

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Détail d’une fresque représentant le philosophe Thalès de Milet (v.625-v.548 av. J.-C.), dans les thermes des Sept Sages à Ostie (Italie)

Détail d’une fresque représentant le philosophe Thalès de Milet (v.625-v.548 av. J.-C.), dans les thermes des Sept Sages à Ostie (Italie). © George Houston/Institut pour l'étude du monde antique/CC2.0

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Le Conseil constitutionnel a tranché : les neuf juges constitutionnels, communément appelés les « Sages », ont validé l’essentiel d’une réforme des retraites qui a été promulguée dans la foulée. Mais au fait, qu’est-ce qui vaut aux sages, d’hier et d’aujourd’hui, un tel surnom ? Et en quoi la sagesse véritable consiste-t-elle ?


 

Ils ont actuellement entre 64 et 77 ans. Tous – à commencer par les anciens Premiers ministres Laurent Fabius et Alain Juppé – ont effectué de très belles carrières dans la politique, l’administration et la haute fonction publique, plus rarement dans le domaine du droit et de la magistrature. Les neuf membres du Conseil constitutionnel ont donc assurément une longue expérience de la chose publique – ce qui vaut parfois à cette institution d’être considérée comme une confortable maison de retraite… Mais est-ce seulement cette expertise acquise dans le domaine politique qui justifie qu’on appelle les juges constitutionnels les « Sages » ?

Sagesse, expérience et neutralité

Si, dans le langage courant, l’adjectif « sage » qualifie quelqu’un (souvent un enfant) d’obéissant, de calme et de bien élevé, le substantif signifie tout autre chose. Il est employé pour désigner la compétence et la hauteur de vue des individus qui ont su tirer de leur vécu une intelligence supérieure des choses. Pour être sage – et pas seulement savant –, la connaissance théorique ne suffit pas : il faut avoir également acquis une maîtrise pratique et une compréhension de la manière dont les êtres humains agissent et réagissent selon les situations. Ainsi Léonard de Vinci avait-il raison d’écrire dans ses Carnets que « la sagesse est la fille de l’expérience ». Les sages sont des personnes d’âge mûr, leur vieillesse leur conférant en outre l’avantage d’être, le plus souvent, retirés des affaires courantes et donc à l’abri de toute forme d’influence, dès lors que leur carrière est désormais derrière eux. Sans rien à espérer ou à craindre d’un point de vue politique, ils peuvent en théorie se positionner au-dessus de la mêlée et de tout engagement partisan. Les membres de notre Conseil constitutionnel sont d’ailleurs censés n’avoir aucun parti pris. En ce sens, cette formule extraite de leur Décision n° 2023-849 DC du 14 avril 2023 est particulièrement éloquente : « Il n’appartient pas au Conseil constitutionnel de substituer son appréciation à celle du législateur ». Une décision en forme de renoncement qui se conforme au principe de répartition des pouvoirs et qui peut paraître seulement prudente ou véritablement sage.

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Des érudits grecs aux juges constitutionnels, qu’est-ce qu’un “sage” ?