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Qui sont réellement les Ouïghours ?

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Kashgar (Xinjiang, nord-est de la Chine), le 17 septembre 2003 : des jeunes garçons ouïghours de confession musulmane sourient à la caméra devant une statue à la gloire de Mao Tsé-toung, installée dans l’immense Parc du Peuple de la ville pour rappeler aux habitants l’importance du pouvoir central chinois dans cette région

Kashgar (Xinjiang, nord-est de la Chine), le 17 septembre 2003 : des jeunes garçons ouïghours de confession musulmane sourient à la caméra devant une statue à la gloire de Mao Tsé-toung, installée dans l’immense Parc du Peuple de la ville pour rappeler aux habitants l’importance du pouvoir central chinois dans cette région. © Frederic J. Brown/AFP

Et si l’on s’intéressait vraiment aux Ouïghours ? Car au juste, qu’est-ce qu’être ouïghour ? Alors que l’opinion internationale s’indigne (hélas pour le moment sans effet notable…) du sort de ce peuple, persécuté par le pouvoir central chinois, la question mérite d’être prise au sérieux. Nous l’avons posée à Dilnur Reyhan, chercheuse française ouïghoure, enseignante à l’Inalco et présidente de l’Institut ouïghour d’Europe. Pour elle, loin des visions monolithiques, le peuple ouïghour est au carrefour de plusieurs mondes : de culture islamique, fort d’une tradition turcique millénaire et d’un héritage soviétique. On réalise alors que l’identité ouïghoure ne se résume à aucun de ces termes, mais est riche de leur synthèse. Pour Dilnur Reyhan, la survie de son peuple dépendra précisément de sa capacité à résister aux identités fixes que les uns et les autres projettent sur lui. Et c’est précisément cette résistance... qui en fait un péril mortel pour le pouvoir chinois. Tour d’horizon de la culture et de l’identité ouïghoure, dans un grand entretien exclusif.

Dilnur Reyhan : “Les Ouïghours ne sont pas des musulmans chinois !”