Cinéma

“Showing up” : la vie d’artiste fait-elle encore rêver ?

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Le film “Showing Up” réalisé par Kelly Reichardt avec, à l’image, Michelle Williams.

Le film “Showing Up” réalisé par Kelly Reichardt avec, à l’image, Michelle Williams. © Allyson Riggs, Courtesy A24

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En compétition officielle au Festival de Cannes 2022, Showing Up, le nouveau film de Kelly Reichardt, brosse le portrait de Lizzie, sculptrice mélancolique. Sorti en salles cette semaine, il interroge les processus de création et les rivalités dans le milieu artistique.


La bande-annonce (en version originale sous-titrée) du film Showing Up, de Kelly Reichardt, actuellement en salles.

Lizzie (incarnée par Michelle Williams) est artiste. Elle vient d’une famille d’artistes. Ses quelques amis sont eux aussi artistes. L’intrigue de Showing Up pourrait tenir en une ligne : Lizzie prépare son prochain vernissage, et nous sommes invités à partager son processus créatif.

Clairement mal à l’aise avec les autres, elle vit seule avec son chat, contrariée par son ballon d’eau chaude en panne et un pigeon blessé dont elle doit s’occuper. Le rythme du film est calme, contemplatif – caractéristique du « Slow Cinema » que la réalisatrice Kelly Reichardt s’est approprié à travers des films comme Certaines femmes (2016) ou First Cow (2019).

Lizzie ne vit pas de son art, elle est contrainte d’exercer des travaux de secrétariat dans la petite école d’art de sa ville. La réalisatrice nous emmène au cœur de l’Oregon, au nord-ouest des États-Unis, et nous présente un milieu universitaire où les étudiants dansent en cercle, rythmés par des sons de flûtes et de tambourins. Pourtant, à travers les sculptures de Lizzie, figurines de femmes mélancoliques en céramique, se dévoile une réflexion plus large sur la création et les perversions du monde de l’art contemporain. Si le statut à part de l’artiste et de ses créations, évoqué notamment dans les œuvres de Hannah Arendt, trouve ici confirmation, le milieu n’échappe pas aux logiques mercantiles les plus concurrentielles.

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La création artistique vue par Kelly Reichardt