Un droit au répit ?
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Cet article est issu du numéro 31 de Philosophie magazine « 31 - été 2009 », en kiosque le 02 juillet 2009. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Notre époque est étrange : alors que nous disposons d’une espérance de vie jamais atteinte dans l’histoire de l’humanité, nous nous désespérons comme jamais de n’avoir pas de temps à soi. « L’urgentisme » nous étouffe dans toutes les dimensions de l’existence : au travail, en amour, et même dans les loisirs. Les progrès de la vie moderne, son confort et ses certitudes, n’y font rien. Ils n’ont apporté aucune réponse au plus ancien problème de la philosophie : celui de la brièveté de la vie et du génie très particulier qu’a l’homme d’en gaspiller scrupuleusement tous les instants. Ce lieu commun a jadis produit des textes admirables en Orient comme en Occident, preuve de son universalité. Confucius, Sénèque, Augustin, Bhartrihari (poète indien du VIIe siècle), Montaigne, Rousseau, et bien d’autres : tous ces sages ont décrit le talent, propre aux hommes, de dilapider une durée qu’ils estiment trop brève.