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Y a-t-il un ordre de la nature ?

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Cet article est issu du numéro 162 de Philosophie magazine « Faut-il suivre son intuition ? », en kiosque le 25 août 2022. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Analyse des termes du sujet

« Y a-t-il »

Existe-t-il ? Peut-on le constater ?

« un ordre »

Désigne ici non pas une succession ou une injonction mais une organisation, une harmonie.

« de la nature »

Ensemble de la réalité matérielle (minérale, végétale, animale), considérée comme indépendante de l’activité humaine ; ce qui est donné, qui nous environne et qu’on oppose à la culture.

 

Défrichage

Premières intuitions

Les cycles du jour et de la nuit, ceux des saisons ou encore des générations invitent à penser que la nature est ordonnée. À cela s’ajoutent la beauté de la plupart des êtres vivants (comme la rose ou le cheval) et l’excellence de la fonctionnalité des organes (l’œil est fait pour voir).

Pourtant, la nature nous surprend aussi parfois par sa violence (comme lors des tremblements de terre ou quand un prédateur dévore cruellement sa proie) ou par ses « ratés » (quand naît un mouton à cinq pattes). N’est-ce pas alors le désordre qui la décrit le mieux ?

Mais, même lorsqu’elle est désordonnée à nos yeux, la nature ne semble pas menacée, en elle-même, par les catastrophes en tout genre qu’elle donne à voir. Doit-on pour autant en déduire que son désordre n’est qu’apparent et transitoire ? Y a-t-il vraiment un ordre caché de la nature ou est-ce nous qui voulons voir en elle une harmonie qui ne serait qu’imaginaire ?

 

Exemples qui viennent à l’esprit

Le roman de Bernardin de Saint-Pierre Paul et Virginie (1788) donne l’image d’une nature parfaitement harmonieuse. Dans les paysages exotiques de l’île Maurice, les deux héros grandissent en comptant les années grâce aux arbres plantés lors de leur naissance. Au rythme effréné de la métropole s’oppose celui, régulier et apaisant, de la nature.

Dans son livre Almanach d’un comté des sables (1949), Aldo Leopold, garde forestier et pionnier de l’écologie américaine, écrit qu’il faut « penser comme une montagne ». Regrettant d’avoir tué un loup parce que ce prédateur mange les cerfs qui abîment les arbres, ce qui favorise l’érosion des sols, il montre que l’homme, par ses choix et ses actions, peut protéger l’ordre de la nature.

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