Passage à l'acte

Cai Chongguo. L’expérience de la dissidence

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Cet article est issu du numéro 32 de Philosophie magazine « 32 - septembre 2009 », en kiosque le 27 août 2009. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Ancien professeur de philosophie, critique envers le pouvoir chinois, Cai Chongguo a participé au soulèvement de la place Tian’anmen, il y a vingt-cinq ans. Contraint depuis à l’exil, il vit et écrit en France. Témoignage.

Cai Chongguo est un amoureux du réel. S’il est philosophe, il n’aime pas les grandes théories, qui ne correspondent à rien de concret. Né en 1955, à Wuhan, dans le centre de la Chine, il n’a pas supporté le décalage entre la propagande communiste et la souffrance du peuple chinois. Poussé par les circonstances et l’espoir d’une réforme profonde du pays, il s’est joint aux protestations étudiantes de 1989. « Pékin avait alors entre ses mains le destin de la Chine et le destin du mouvement populaire », écrit-il dans son dernier livre, J’étais à Tian’anmen (L’Esprit du temps, 2009). La répression sanglante qui s’en est suivie a brisé ses rêves et l’a contraint à l’exil politique. Aujourd’hui installé aux portes de Paris, il raconte sa vie comme un préambule à sa conception d’une Chine démocratisée.

En six dates

  • 1955. Naissance le 18 février à Wuhan.
  • 1973. Il est contraint de travailler comme paysan dans le cadre de la Révolution culturelle.
  • 1982. Devient professeur de philosophie.
  • 1989. Participe aux événements de la place Tian’anmen.
  • 2005. Exilé en France, il publieChine. L’envers de la puissance (Mango).
  • 2009. Publie J’étais à Tian’anmen (L’Esprit du temps) pour les vingt ans des manifestations.

Pour ce féru de phénoménologie, les idées ne valent rien si elles ne sont pas rattachées à un vécu originel. Son goût pour la démocratie, par exemple : ne lui dites pas qu’il résulterait de son « occidentalisation ». D’abord, il reste calme, puis s’emporte en agitant ses grands bras. « Je n’ai pas attendu la philosophie occidentale pour rêver de liberté ! » Il faut imaginer un jeune homme de 17 ans, fou de poésies et de romans chinois, qui brûle d’envie de raconter au monde ce qu’il observe, mais ne peut rien publier et se voit contraint de cacher ses premiers textes. « Ça a été une souffrance terrible, raconte-t-il aujourd’hui. Je voulais penser, écrire, mais tout m’était interdit. »

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