Crise climatique
Dipesh Chakrabarty : “Nous, les êtres humains, devons apprendre à vivre en tant que minorité”
Dipesh Chakrabarty. © Alan Thomas
49°C : c’est la température atteinte ce week-end à New Delhi, la capitale indienne. Non loin de là, à Jacobabad au Pakistan, le mercure grimpait à 51°C, dépassant le seuil fatal à l’homme. Chaleur extrême en Asie du Sud, sécheresse précoce en France ou au Canada… Les effets du réchauffement climatique se font de plus en plus tangibles et inquiétants. À l’heure où certains parlent d’« Anthropocène » pour tenter d’expliquer comment nous en sommes arrivés là, l’historien indien Dipesh Chakrabarty, professeur à l’université de Chicago, préfère analyser la crise climatique d’une manière un peu différente. Il propose de distinguer l’histoire « planétaire » et « globale » des êtres humains, c’est-à-dire d’un côté celle qui se fait sans nous, et d’autre part celle qui transforme la Terre sous l’effet de l’activité humaine, vieille selon lui de 500 ans. Entretien avec un penseur majeur des enjeux de notre temps.