Politique

Gabriel Attal, quand le charisme tourne “à vide”

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Gabriel Attal, quand le charisme tourne “à vide”

Le Premier ministre français Gabriel Attal à Caen (14), dans le nord-ouest de la France, le 14 janvier 2024. © Lou Benoist/AFP

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Bénéficiant à sa prise de fonction de sondages d’opinion assez favorables, le nouveau Premier ministre est crédité pour son dynamisme, sa sympathie, son ouverture au dialogue, et il est également perçu par plus de 50% des sondés comme une personnalité « charismatique ». Comment se définit le charisme en politique ? Et comment opère-t-il chez Gabriel Attal ? Éléments de réponse avec Max Weber et Gilles Lipovetsky.


 

Selon une étude réalisée au lendemain de sa nomination au poste de Premier ministre par Odoxa-Backbone Consulting pour Le Figaro, Gabriel Attal est considéré non seulement comme une personnalité dynamique (77%), sympathique (70%) et ouverte au dialogue (64%), mais aussi, ce qui surprend un peu plus dans le cas d’une personnalité assez lisse, comme « charismatique » (54%). Mais qu’est-ce que le charisme en politique ? Le terme vient du mot grec kharisma (χάρισμα), signifiant « don, « faveur, « grâce d’origine divine ». Il est introduit en science politique par le sociologue allemand Max Weber (1864-1920) qui, au début du XXe siècle, décrit dans Économie et Société la « domination charismatique » comme un élément clef des structures politiques. D’après Weber, celle-ci repose sur la « soumission extraordinaire au caractère sacré, à la vertu héroïque ou à la valeur exemplaire d’un individu ». Citant l’exemple du prophète qui possède des dons inaccessibles au commun des mortels, Weber insiste sur le fait que le charisme a une dimension magique. L’homme charismatique possède quelque chose que personne d’autre n’a. Weber s’appuie d’ailleurs sur son expérience d’enseignant, qui a constaté avec tristesse que l’affluence des étudiants dépendait davantage de la personnalité hors du commun du professeur que de ses compétences. Toujours est-il que cette exception ne semble pas s’appliquer au nouveau Premier ministre. Gabriel Attal n’a rien de l’homme providentiel fougueux qui nous embarque avec lui dans un discours révolutionnaire ; il a davantage la stature du gestionnaire.

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Attal, un charisme sans substance qui “communique pour communiquer” ?