Des classiques éclairent le présent
Nomination de Gabriel Attal : la jeunesse est-elle un atout en politique ?
Gabriel Attal, ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, rencontre Patrick Martin, président du Medef, lors de l’Assemblée permanente du Medef, le 14 novembre 2023. © Romuald Meigneux/Sipa
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L’âge de Gabriel Attal, nommé Premier ministre à 34 ans « seulement », fait beaucoup parler. Jusqu’à François Bayrou qui exprime publiquement ses doutes sur son « expérience ». Il est vrai qu’Attal est le plus jeune à accéder à cette fonction dans l’histoire de la Ve République, comme en 2017 Emmanuel Macron était devenu le plus jeune président français jamais élu. Mais la jeunesse constitue-t-elle un atout ou une faiblesse ? Réponses avec Aristote, Machiavel et Martha Nussbaum.
« Je suis jeune, il est vrai ; mais aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années » : on connaît la célèbre réplique de Rodrigue dans Le Cid de Corneille. Mais il est alors question de courage, et il n’est pas certain que la promptitude à se battre qui caractérise la jeunesse trouve son équivalent en matière de gestion de la chose publique. La complexité de la politique n’exige-t-elle pas au contraire une longue expérience, comme on semble le penser aux États-Unis qui verront, selon toute vraisemblance, s’affronter Donald Trump et Joe Biden, respectivement 77 et 81 ans, à l’occasion de la prochaine élection présidentielle ? De ce côté-ci de l’Atlantique, en revanche – c’est-à-dire du côté de ce que les Américains appellent pourtant le Vieux Continent –, c’est l’inverse, et de nombreux commentateurs s’étonnent de la jeunesse du nouveau chef du gouvernement français. Mais qu’en pensent les philosophes ?