L’aventure d’un classique
La lutte finale
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Cet article est issu du numéro 156 de Philosophie magazine « C’est quoi un bon Français ? », en kiosque le 13 janvier 2022. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Le Manifeste du parti communiste est un texte célèbre qui a suscité autant d’enthousiasme que de malentendus. Diffusé et traduit dans une multitude de langues, il est de ces œuvres qui ont eu une influence directe sur le cours de l’histoire. De certains concepts, on débat encore aujourd’hui. Voici quelques clés si vous aussi voulez entrer dans la lutte !
Capitalisme
> Propriété privée
Pour Marx et Engels, elle est la source première des inégalités économiques, puisqu’elle repose sur l’accaparement arbitraire de la terre par certains au détriment d’autres. Elle consacre ainsi la loi du plus fort : « Dans l’histoire réelle, c’est la conquête, l’asservissement, la rapine à main armée, le règne de la force brutale qui ont joué un grand rôle […]. Les méthodes de l’accumulation primitive sont tout ce que l’on voudra hormis matière à idylle » (Marx, Le Capital, I). C’est pourquoi « expropriation de la propriété foncière et confiscation de la rente foncière au profit de l’État » sont l’objet de la toute première mesure du programme communiste.
> Lutte des classes
Reprenant le concept hégélien de lutte pour la reconnaissance entre maître et esclave, Marx et Engels identifient un affrontement entre bourgeoisie et prolétariat, du fait de leurs intérêts divergents. Les différences de classes ne sont en effet pas uniquement qu’une question de différence de revenus, mais impliquent un rapport de domination et sont définies par la propriété ou non des moyens de production. Sous régime capitaliste, les classes se polarisent ainsi à tel point qu’elles ne sont plus qu’au nombre de deux. Leur antagonisme et la lutte du prolétariat pour la réappropriation des fruits de son travail deviennent le moteur de l’histoire.