Exposition
Le style Gaudí : l’extravagante nature urbaine
Antoni Gaudí (1852-1926), projet pour l’église de la Colonie Güell (v. 1908-1910). Fusain et rehauts de blanc sur photographie, 59,5 × 46 cm et fusain et rehauts de blanc sur photographie, 61 × 47,5 cm. Barcelone, Museu Nacional d’Art de Catalunya. Photo © MNAC, Barcelona, 2022 – Service presse/Musée d’Orsay
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Un peu fou, extravagant et loufoque, mais aussi très rationnel, géométrisé et mathématique, le « style Gaudí » revisite les formes architecturales de la Catalogne en remettant la nature au cœur de la ville.
Le parcours d’Antoni Gaudí
Une formation classique – « Soit c’est un génie, soit c’est un fou », aurait lancé le directeur de l’école d’architecture de Barcelone à propos d’Antoni Gaudí (1852-1926), en lui remettant son diplôme en 1878. Dans la bibliothèque de cette institution, il se forme aux idées novatrices d’Eugène Viollet-le-Duc (connu pour son rationalisme et ses restaurations d’édifices comme Notre-Dame de Paris ou le Mont-Saint-Michel), à celles de l’écrivain, poète et peintre anglais John Ruskin, ou encore à la pensée de l’architecte Owen Jones (connu pour ses écrits sur l’ornementation, son étude détaillée de l’Alhambra et ses voyages en Espagne, Grèce, Turquie et Égypte). En 1878, il rencontre Eusebi Güell, riche industriel qui devient son mécène et ami. Ensemble, ils partagent la foi religieuse et la passion de la Catalogne et lancent les grands projets architecturaux de Gaudí : palais, hôtels, parcs, églises, temples ou encore mobilier.
La recherche du style – Pour Viollet-le-Duc, « le style est, pour l’œuvre d’art, ce que le sang est pour le corps humain ; il le développe, le nourrit, lui donne la force, la santé, la durée. » Gaudí s’inspire de l’art gothique, mudéjar (art chrétien espagnol influencé par l’art musulman), mozarabe (Chrétiens hispaniques de langue arabe), baroque, et de l’Art nouveau européen. Il se démarque progressivement des influences du passé en affichant un style moderne et urbain typiquement catalan, où la nature transformée est omniprésente.
Les œuvres phares – Le destin de Gaudí est lié à la ville de Barcelone, où il passe la quasi-totalité de sa vie. Il y construit entre autres le Palais Güell en 1889, la Casa Milà en 1907, le Parc Güell aménagé de 1900 à 1914, ou encore l’édifice immense de la Sagrada Familia, basilique dont le chantier colossal commence en 1882 et n’est à ce jour toujours pas achevé (a priori, il devrait l’être pour 2026, centenaire de la mort de l’architecte).