L’empire des cinq sens

Temps de lecture : 3 min

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article est issu du numéro 31 de Philosophie magazine « 31 - été 2009 », en kiosque le 02 juillet 2009. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Les sons ont-ils une couleur ? Les saveurs, une forme ? Pour les synesthètes, la réponse est affirmative. Il est peut-être temps d’en finir avec le cloisonnement sensoriel et d’ouvrir les portes de la perception.

« Le 1 est autoritaire, tandis que le 7 est sincère. Le 5, par contre, est précis et un peu antipathique. » Ce n’est là qu’un échantillon des nombreuses associations de sensations et d’idées qu’un membre d’une association de synesthètes italiens nous confie éprouver quotidiennement, malgré lui, et cela depuis sa naissance. Cet homme déroutant nous explique encore : « Pour moi, les notes sont colorées, et cela a peut-être favorisé ma créativité dans le domaine musical. » Ce synesthète joue de la guitare. Or, qu’il s’agisse d’Imagine de John Lennon ou de la Sonate au clair de lune de Beethoven, chaque séquence musicale qu’il entend déchaîne dans son esprit une explosion de couleurs. « La chanson de Lennon a pour moi des tonalités qui vont du jaune au vert clair, tandis que la célèbre sonate est plutôt blanche-bleuâtre. »

Cet article est réservé aux abonnés