L'oeil et l'esprit
Libres mobiles
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Cet article est issu du numéro 31 de Philosophie magazine « 31 - été 2009 », en kiosque le 02 juillet 2009. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Alexander Calder a inventé la sculpture en mouvement. Pour Jean-Paul Sartre, ses agencements mécaniques sont des symboles de la coexistence entre nécessité et liberté au sein de la Nature.
Au premier coup d’œil, les mobiles de Calder nous remplissent d’une joie enfantine. Étranges objets que ces sculptures ni tout à fait abs-traites ni tout à fait figuratives. Est-ce que ce sont des fleurs sur des tiges graciles ? Ou les hélices multicolores de quelque machine volante ? Les arêtes d’un poisson exotique ? Ou une simple harmonie de lignes et de couleurs ? Un souffle d’air… et ils prennent vie. Ils se balancent nonchalamment, s’inclinent et virent au gré d’une chorégraphie improvisée.
Alexander Calder bouleverse la sculpture en lui imprimant ce qu’elle se contentait jusque-là de suggérer : le mouvement. À partir de 1930, il se met à fabriquer des « mobiles ». L’idée lui en serait venue lors d’une visite chez son confrère Mondrian, auteur de compositions géométriques à base de carrés rouges, jaunes ou bleus, que l’Américain aurait suggéré de faire osciller. Quoi qu’il en soit, cette idée a dû s’imposer naturellement à cet ancien ingénieur, qui, enfant, construit lui-même ses jouets, étudie plus tard les lois de la dynamique et éprouve une fascination pour les corps célestes.