Justice

Nordahl Lelandais : l’enjeu de l’aveu

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Portrait de Nordahl Lelandais lors de son procès à Chambéry, le 4 mai 2021

Portrait de Nordahl Lelandais lors de son procès à Chambéry, le 4 mai 2021. © Marie Williams/AFP

Le verdict est tombé mardi soir : 20 ans de prison pour Nordahl Lelandais – plus que ce que demandait son avocat, mais moins que les 30 ans réclamés par l’accusation. Le prévenu n’ayant pas avoué son intention de tuer Arthur Noyer, les jurés ont dû se référer à leur intime conviction : une intention de tuer malgré l’absence de preuves. 

« Soulage-toi de la vérité », avait lancé Nazim, ami de Lelandais lors du troisième jour du procès. L’enjeu était clair : il fallait que l’éleveur canin « sorte de sa carapace ». On savait qu’il avait causé la mort du caporal du 13e bataillon de chasseurs alpins de Chambéry Arthur Noyer, le but était qu’il avoue avoir voulu le tuer. 

Le coupable aurait-il eu intérêt à avouer que le crime était intentionnel ? C’est en tout cas ce que défend Henri Bergson, pour qui l’aveu, aussi terrible soit-il, joue un rôle fondamental dans la réparation d’un meurtre. Non seulement pour les victimes, mais pour le coupable lui-même. 

Le « remords dans l’âme du grand criminel » est-il la plus insupportable de toutes les peines ? Réponse dans Les Deux Sources de la morale et de la religion (1932) de Bergson.

Le plaidoyer pour l’aveu de Bergson