Médecine
Pancréas artificiel : allons-nous devenir des êtres bioniques ?
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Un nouveau modèle de pancréas robotique, censé aider plus efficacement à réguler le cycle de l’insuline des personnes diabétiques, vient d’être développé par le National Institute of Diabetes and Digestive and Kidney Diseases (États-Unis). Espoir pour les malades, ou risque de dérive transhumaniste ?
L’annonce de la mise au point d’une nouvelle prothèse bionique suscitera, à n’en pas douter l’espoir de nombreux malades du pancréas, organe central de la régulation de l’insuline et donc de l’assimilation du sucre, difficile à transplanter (20% à 40% de rejet) alors même qu’il peut être atteint par de nombreuses pathologies : diabètes (5,3% de la population en 2020, soit 3,5 millions de personnes en France), pancréatite aigüe (incidence de 4,6%) et cancers, qui exigent souvent une ablation de l’organe. En l’occurrence, le pancréas bionique développé par le National Institute of Diabetes and Digestive and Kidney Diseases, aux États-Unis, servira à appareiller les diabétiques – mais l’on peut imaginer bien d’autres usages futurs à ce genre d’organes artificiels.
Jusqu’où ne s’augmentera-t-il pas ?
Un progrès médical, aux yeux de la plupart des gens. Une avancée qui permet un peu plus encore à l’humain d’échapper aux contraintes naturelles. Comme le note Jürgen Habermas dans L’Avenir de la nature humaine. Vers un eugénisme libéral ? (2001, Gallimard, 2015 pour la trad. fr.), « dans une optique libérale, les nouvelles technologies de reproduction, à l’instar des prothèses organiques […] apparaissent comme un accroissement de l’autonomie personnelle. » Et si nous faisions fausse route ? Et si, pensant faire un bien, nous ouvrions la porte à un mal plus grand ?