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Promesses équitables

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Cet article est issu du numéro 33 de Philosophie magazine « 33 - octobre 2009 », en kiosque le 24 septembre 2009. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Alors que l’ancien modèle de l’État providence révèle ses limites, les philosophes explorent à 360° les nouvelles voies de l’égalité. Panorama.

Ronald Dworkin : la discrimination positive

Plus d’égalité des chances

Parcours : Né en 1931, professeur de droit et de philosophe à l’université de New York, il est l’auteur de nombreux ouvrages de référence (Une question de principe, 1996 ; L’Empire du droit, 1994 ; ainsi que son œuvre majeure, Prendre les droits au sérieux,1995, PUF). Sans être l’inventeur du concept de « discrimination positive », il est celui qui a essayé de donner une légitimité à cette politique née aux États-Unis au début des années soixante pour remédier à la persistance des inégalités entre Blancs et Noirs.

Concept : Pour Dworkin « la discrimination est un instrument destiné à réduire la corrélation entre la race et la position occupée dans la hiérarchie socio-économique, dans la mesure où cette corrélation constituerait en elle-même un facteur de désavantage pour l’ensemble des individus noirs. » Il propose une justification conséquentialiste et stratégique de cette politique en mettant en avant le bénéfice égalitaire pour l’ensemble du groupe. Il s’agit de privilégier le « traitement en égal » à « l’égalité de traitement » et de mettre en avant l’effet bénéfique de la promotion d’exemples d’identifications positives issus des minorités stigmatisées.

Avantage : Dépasser une conception abstraite de l’égalité de droit en accordant à des minorités l’accès à des formations ou fonctions auxquelles elles n’auraient autrement pas accès. Inconvénient : Entretenir le communautarisme et provoquer des effets pervers de stigmatisation des populations concernées.

 

Jean-Michel Salanskis : concilier égalité et compétitivité

Une compétion éthique

Parcours : Né en 1951, professeur de philosophie des sciences à l’université Paris-Ouest-Nanterre-La Défense, phénoménologue, il a récemment fait paraître aux PUF La Gauche et l’Égalité, essai politique qui se présente comme « une justification fondamentale de l’idéal égalitaire » et vise à donner des armes conceptuelles à un Parti socialiste égaré…

Concept : « L’égalité et la compétition ne s’opposent pas. Au contraire, dans la compétition, on éprouve que l’égalité est une nécessité. D’un côté, le vainqueur a besoin que les perdants reconnaissent sa victoire. Pour cela, il doit être perçu comme égal en même temps que vainqueur. C’est l’indice que toute supériorité doit être partagée. Symétriquement, nous ne pouvons pas admettre que l’échec des perdants devienne un destin. Une relégation définitive du vaincu hors de toute égalité signerait la fin de la compétition. Les inégalités que l’on doit combattre sont donc celles qui figent les résultats de la compétition. Elles sont insupportables car elles sont contraires à notre relation phénoménologique à l’autre. Le but n’est pas de les supprimer. Mais d’entendre qu’elles appellent une correction. Elles ne deviennent acceptables que si elles sont assorties à chaque fois d’un amendement, d’une réorientation. » 

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