Modernité

Quand l’esprit rend malade

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Cet article est issu du numéro 31 de Philosophie magazine « 31 - été 2009 », en kiosque le 02 juillet 2009. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Les maladies psychosomatiques restent mystérieuses pour les médecins et psychanalystes. Comment déterminer les interactions entre le physique et le psychique ?

On sait que Descartes accordait une importance toute particulière à la médecine, puisque, pour lui, l’une des principales missions de la science moderne était d’allonger la durée de l’existence. Or, dans une optique cartésienne, la médecine traite du corps en tant qu’assemblage d’organes, où les causes des dysfonctionnements sont exclusivement physiques. Un postulat que dément l’existence des maladies psychosomatiques. D’où cette question, qui vient perturber le schéma cartésien : certaines maladies du corps ont-elles pour origine un trouble psychologique et non physiologique ? Dans l’affirmative, l’union entre le corps et l’esprit ne serait-elle pas plus étroite que prévue ?

Qu’en est-il d’abord dans les faits ? Tous les spécialistes – médecins ou psychanalystes – reconnaissent qu’il existe des maladies psychosomatiques : urticaire, eczéma, colites, maux de tête, migraines, asthme… On a même constaté qu’un deuil pouvait provoquer une baisse du système immunitaire. Les cancers aussi seraient-ils liés aux troubles de l’âme ? La psychanalyste Marie-Ange Casanova-Robert a émis l’hypothèse que « le cancer pourrait être assimilé à un délire cellulaire où le corps s’exprime à la place du psychisme ». À l’heure actuelle, le débat reste ouvert. En effet, les phénomènes psychosomatiques embarrassent médecins comme psychanalystes tant il est difficile de distinguer ce qui ressort de la psyché, du soma, et de leurs interactions. Mais leurs liens existent, indéniables.

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