“Qu’est-ce qu’être courageux ?”
© Séverine Scaglia
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Cet article est issu du numéro 121 de Philosophie magazine « Pourquoi avons-nous besoin d’être aimés ? », en kiosque le 05 juillet 2018. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Question de Marion Jenouvrier.
Être courageux n’a sans doute aucun sens : le courage n’est ni une nature innée ni une essence. Si tel était le cas, alors il n’y aurait d’ailleurs aucun mérite à faire preuve de courage, aucune liberté à avoir du courage, mais simplement un déterminisme, une obéissance à une nature non choisie. Il faut donc chercher à définir le courage non comme un absolu mais relativement à une circonstance. C’est ce que fait Aristote lorsqu’il pense le courage comme un juste milieu entre deux défauts – la lâcheté et la témérité. Dans une situation donnée, si nous sommes aussi peu lâches que téméraires, c’est que nous faisons preuve de courage. Lâche est celui qui n’y va pas, car il sait toujours trouver les bonnes raisons de ne pas y aller. Téméraire est celui qui ne connaît pas la peur et fonce comme une tête brûlée.