Hors-série “Le Seigneur des anneaux”

Sam le Hobbit, un héros jardinier

Temps de lecture : 5 min

De tous les personnages qui constituent la Communauté de l’Anneau, Sam est celui qui porte en lui le souci de la beauté naturelle du monde. “Le Seigneur des anneaux : Le Retour du roi”

De tous les personnages qui constituent la Communauté de l’Anneau, Sam est celui qui porte en lui le souci de la beauté naturelle du monde. “Le Seigneur des anneaux : Le Retour du roi”. © New Line Cinema/Everett/Vinet, Pierre/Aurimages

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Cet article est issu du Hors-série n°N° 54 de Philosophie magazine « “Le Seigneur des anneaux”. Le mythe Tolkien », en kiosque le 21 juillet 2022. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

De tous les personnages qui constituent la Compagnie de l’Anneau, le plus important, nous dit Vincent Ferré, est également le plus discret, le plus modeste et le plus proche de la nature. À l’image de son créateur, Sam est celui qui porte en lui le souci de la beauté naturelle du monde.

 

« Le vrai héros, le pivot et le centre du Seigneur des anneaux, ce n’est ni Frodo, qui est une sorte d’agaçant Galahad obsédé par sa mission, ni Aragorn et ses grands pas, ni Gandalf le gris qui deviendra blanc, mais Samsaget Gamgie, dit “Sam”, l’ami fidèle et le bon jardinier qui va permettre la reconstruction et la renaissance de la Nature. Car l’œuvre de J. R. R. Tolkien, il le dit lui-même, est une célébration des “choses qui poussent”, un hymne au vivant, une déclaration d’amour aux plantes, aux arbres et aux fleurs. Voilà l’élément le plus saillant de ce qui distingue cet auteur, non seulement de ses contemporains qui écrivent de la fantasy, mais également de ses prédécesseurs et de la plupart de ses héritiers.

Pour ceux qui l’ont précédé, pensons d’abord à la figure de proue de la fantasy du XIXe siècle, l’immense William Morris – le père du mouvement Arts and Crafts, avec lequel Tolkien revendique une filiation, mais qui s’intéresse plus à l’écologie sociale et aux méfaits du capitalisme qu’au bien-être des arbres. L’inflexion de Tolkien par rapport à son maître, c’est cette idée que le merveilleux et la fantasy sont une voie royale pour révéler la beauté du monde. Tolkien rédige ses textes majeurs, les contes perdus, l’embryon du Silmarillion vers 1917 : au moment où Proust, Joyce et d’autres s’interrogent sur la manière dont on peut représenter le monde et dépasser les apparences, il choisit une voie qui n’est pas moins radicale.

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