Cinéma

“Corsage” de Marie Kreutzer : contraindre le corps féminin

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“Corsage” de Marie Kreutzer : contraindre le corps féminin

 Vicky Krieps interprète l’impératrice Sissi dans le film Corsage de Marie Kreutzer . © Felix Vratny

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Corsage, le nouveau film de la réalisatrice autrichienne Marie Kreutzer, met en scène l’impératrice Sissi, tentant à 40 ans de maintenir son image par la discipline et le jeûne. Une représentation de la manière dont la société maîtrise les femmes en contraignant leurs corps.

 

 

Bande-annonce de Corsage (Marie Kreutzer, 2022).

 

« J’aime te regarder me regarder », murmure Élisabeth de Wittelsbach, dite Sissi, à son amant agenouillé devant elle. Nous sommes en 1877. Élisabeth d’Autriche (Vicky Krieps) vient d’avoir 40 ans. Pour préserver la beauté de sa jeunesse, elle s’astreint à une discipline militaire : exercice physique, régime draconien, pesée et mesure quotidienne du tour de taille. Alors que son mariage à l’empereur François-Joseph Ier (Franz Joseph, incarné par Florian Teichtmeister) se dégrade, elle tente de s’extirper du carcan social. Rythmé par une musique hypnotisante (« Go/Go/Go away »…) et des images somptueuses, Corsage propose une lecture moderne et féministe du mythe Sissi.

Une représentation féministe de l’anorexie

La main de François-Joseph caresse le dos d’Élisabeth, effleure sa taille, les cicatrices rouges imprimées par le corset. Une silhouette entretenue par la gymnastique et le jeûne. Le matin, du thé avec une tranche de citron. De fins segments d’orange, des bouillons. Une tranche de viande maigre, parfois. Sissi était sans doute anorexique. Obsédée par son poids, elle s’interdisait de dépasser les 50 kilos.

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