Extrait
“Lettres persanes” : l’autre comme soi-même ?
Montesquieu © Wikimedia Commons
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En signant les Lettres persanes en 1721, Montesquieu propose un regard décentré et satirique sur les mœurs et la politique de la France de l’Ancien Régime. Ou quand les Lumières préfigurent (et inversent) la démarche anthropologique.
Montesquieu publie les Lettres persanes en 1721. Ce roman épistolaire met en scène deux voyageurs persans, Usbek et Rica, qui se rendent en Europe, et principalement à Paris, à l’occasion d’un séjour qui dure neuf ans. L’ouvrage est constitué de la correspondance fictive qu’ils entretiennent avec leurs amis restés en Perse. L’orientalisme et le goût du voyage commencent alors à être populaires en France. Toutefois Montesquieu, plutôt que décrire un Orient fantasmé, utilise le regard de l’étranger pour critiquer les moeurs des Français et de la cour royale de Versailles. Cet ouvrage se présente ainsi comme une satire sociale et politique dans laquelle Montesquieu esquisse un premier geste dans le sens d’un décentrement du regard, marquant ainsi les prémices d’un certain relativisme culturel et de la démarche anthropologique.