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Quand les philosophes nous aident à nous préparer aux catastrophes

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Quand les philosophes nous aident à nous préparer aux catastrophes

© Éditions DésIris, coll. Contre mesure

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Partant de l’expérience de la crise du Covid-19, qui a bousculé nos existences et réintroduit la peur, l’incertitude et le contrôle des libertés comme des corps au cœur de nos sociétés, Aliocha Wald Lasowski se livre à un exercice de réflexion visant à suggérer des horizons éthiques salvateurs pour l’avenir.

 

Si ses effets sur nos vies quotidiennes se sont largement réduits depuis plusieurs semaines, le Covid-19 laisse des traces dans le corps social comme dans les corps individuels. Et s’il est encore un peu trop tôt pour tirer un bilan définitif de cette crise sanitaire, l’on peut d’ores et déjà interroger la portée d’un fait social total, comme le font depuis deux ans de nombreux chercheurs en sociologie, éthique médicale, anthropologie, économie ou encore science politique…. L’originalité du regard légèrement décalé que l’essayiste Aliocha Wald Lasowski pose sur cette crise dans Serial Virus (DésIris, coll. Contre mesure, 2022) tient à la proposition d’une focale philosophique. Comme si des auteurs passés – Kant, Nietzsche, Jonas, Sartre, Freud, Canguilhem… – pouvaient nous éclairer sur la manière de penser cet événement, et surtout de le dépasser pour imaginer des horizons politiques conjurant d’autres périls à venir, liés à des virus toujours prêts à contaminer nos vies.

Un “rythmovirus“

Au fondement de sa réflexion, Lasowski note que « le Covid-19 est apparu tristement dans nos vies autant par ses symptômes pathologiques que par ses répercussions sociales : rythmes de vie, régimes d’alimentation, organisation de l’éducation, tempos du télétravail ». Ce qui l’interpelle, c’est bien la « rythmicité » et la « sérialité » du virus, qui sans cesse semble revenir, puis disparaître, s’éloigner, puis faire son retour. Le Covid-19 est au fond un « rythmovirus » qui frappe et déjoue les formes de la périodicité ordinaire. Difficile d’anticiper son retour, il est imprévisible. Comment penser alors cette figure « chaosrythmique » qui suit plusieurs tempos, s’infiltre dans nos rythmes individuels et s’inscrit dans nos rythmes collectifs ? Un chaos en ce sens qu’il nous déstabilise et nous entrave dans la possibilité d’y faire face, d’en conjurer les périls qui sont toujours à venir. Or, la meilleure façon de ne pas se laisser absorber par le chaos consiste à se prémunir des effets des pulsions destructrices à l’œuvre dans les sociétés industrielles et à bâtir un cadre politique et éthique commun dans lequel s’imposent la protection et la responsabilité de tous.

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