Époque contemporaine

Un procès à l’américaine

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Cet article est issu du numéro 31 de Philosophie magazine « 31 - été 2009 », en kiosque le 02 juillet 2009. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Aux États-Unis, sur les campus, l’esprit se voit accusé de ne pas exister, de n’être qu’un fantôme. Tous les philosophes sont invités à plaider dans cette affaire. Mais l’origine de la conscience n’est pas facile à expliquer, et le verdict n’est pas encore tombé.

Esprit, es-tu là ? En anglais, le terme mind ne présente aucune connotation spiritualiste, mais, dans la philosophie anglo-saxonne du XXe siècle (dite « analytique »), l’étude des rapports entre le corps et l’esprit commence par une histoire de fantômes. Dans son ouvrage majeur, La Notion d’esprit (1949), Gilbert Ryle, philosophe d’Oxford, s’en prend au dualisme hérité de Descartes : selon lui, l’esprit, cette mystérieuse entité immatérielle capable d’agir sur une substance liée à lui et pourtant séparée de lui, le corps, ne serait rien d’autre qu’un fantôme. Ryle estime ainsi que c’est une « erreur de catégorie » que de vouloir concevoir une relation de causalité entre le mental et le physique. Dans la même perspective, la tradition anglo-saxonne congédie massivement le dualisme à la française et opte à l’inverse pour un matérialisme pragmatique à l’américaine :

il n’existe plus deux, mais un seul royaume, celui de la matière. Et le sens des priorités s’inverse : désormais, le point de départ est le corps – composé de matière –, et l’enjeu consiste à saisir le pourquoi et le comment de la pensée – ancrée dans la matière. Tel est le body-mind problem* qui se pose aujourd’hui.

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