La petite question

Detroit, Tchernobyl… Pourquoi ces endroits désolés nous fascinent

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Ancienne gare ferroviaire à Détroit (États-Unis), le 3 octobre 2013. Ces dernières années, la faillite spectaculaire de la ville de Détroit, qui fut l’un des plus grands pôles industriels des États-Unis au XXe siècle, a, malgré quelques timides mouvements de gentrification et de revitalisation urbaine, provoqué l’abandon de plus de 70 000 bâtiments

Ancienne gare ferroviaire à Détroit (États-Unis), le 3 octobre 2013. Ces dernières années, la faillite spectaculaire de la ville de Détroit, qui fut l’un des plus grands pôles industriels des États-Unis au XXe siècle, a, malgré quelques timides mouvements de gentrification et de revitalisation urbaine, provoqué l’abandon de plus de 70 000 bâtiments. © Mira Oberman/AFP

Connaissez-vous le « ruin porn » ? Sous cette appellation anglophone pour le moins inattendue se cache non pas le fait d’aimer faire l’amour sur des sites archéologiques, mais d’être fasciné pour les lieux contemporains laissés à l’abandon. De nombreux blogs et comptes Instagram (tels que @zonesabandonnes), se font le relais de ces images de désolation qui renvoient souvent à un passé industriel brutalement englouti : à cause d’une crise économique à Détroit, ou d’un accident nucléaire à Pripyat, ville fantôme située près de Tchernobyl. Mais pourquoi ces lieux, qui n’ont rien de particulièrement sublime a priori, nous fascinent-ils ? Sont-ils si différents des sites touristiques anciens, tels que le Parthénon ou les pyramides d’Égypte ? L’historien et archéologue Alain Schnapp, auteur du magnifique livre Une Histoire universelle des ruines. Des origines aux Lumières (Seuil, 2020), nous éclaire sur ce « secret attrait pour les ruines ».

Petite philosophie du “ruin porn”, avec Alain Schnapp