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Walter Bagehot, le penseur qui a inspiré Élisabeth II

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Le prince Charles et la reine Élisabeth II dans le carrosse les conduisant à la Chambre des Lords, à Londres (Royaume-Uni), le 1er novembre 1967

Le prince Charles et la reine Élisabeth II dans le carrosse les conduisant à la Chambre des Lords, à Londres (Royaume-Uni), le 1er novembre 1967. © Keystone/Gamma-Rapho

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Incarnation emblématique de la royauté anglaise, Élisabeth II aura réussi au fil des décennies à tisser un lien d’affection entre la Couronne et ses sujets. Et pourtant, son rôle sera resté essentiellement symbolique, sans réel pouvoir ou presque. Comment régner sans gouverner ? C’est le défi formulé par le théoricien de la monarchie constitutionnelle anglaise Walter Bagehot (1826-1877), dont la reine aura suivi très scrupuleusement les recommandations. Explications.

 

Officiellement, le rôle du souverain anglais est expliqué en ces termes : la reine ou le roi « agit comme repère de l’identité, de l’unité et de la fierté nationales » et « apporte stabilité et continuité […] dans la mesure où le chef de l’État reste le même quand les gouvernements changent ». « Les conseillers royaux [...] ont lu leur Bagehot », commente Paula Bartley dans Queen Victoria (Routledge, 2016). Le nom de Walter Bagehot vous est peut-être familier, si vous avez vu la série The Crown (2016). Journaliste, essayiste, penseur, Bagehot fut le principal théoricien du rôle de la monarchie constitutionnelle et parlementaire anglaise. Son maître ouvrage The English Constitution (1867), conçu à l’origine comme une simple élucidation de « l’organisation de [la] Constitution non codifiée » du royaume, est rapidement devenu un « ouvrage essentiel utilisé pour les éduquer à leur rôle de monarque constitutionnel dès la fin du XIXe siècle », un « miroir des princes » modernes, souligne la spécialiste de civilisation anglaise Catherine Marshall. Élisabeth II, en particulier, est « devenue le monarque bagehotien par excellence ».

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