Aller au contenu principal
Lire le magazine
Philosophie magazine
Boutique Newsletters S’abonner
  • Le Fil
  • Les Grandes Idées
  • Les Philosophes
  • Les Expressos
  • Philonomist
  • Philolive
S’abonner Boutique
  • Le Fil
  • Les Grandes Idées
  • Les Philosophes
  • Les Expressos
  • Philonomist
  • Philolive
Se connecter Rechercher
Philosophie magazine n°203 - septembre 2026

Octobre 2026

Philosophie Magazine #203

Comment habiter son corps ?
Acheter ce numéro
  • Magazine
  • Dossiers
  • Concepts
  • Citations
  • Agenda
  • Livres
  • Bac Philo
  • Partenariats
Suivez-nous
  • Bluesky
  • Facebook
  • Instagram
  • Linkedin
  • Threads
  • X
Tous les courants et disciplines

Germaine de Staël

(1766-1817)

Née à Paris, fille de Jacques Necker, ministre des finances de Louis XVI, Germaine de Staël est élevée dans un milieu protestant, d’origine genevoise. Sa mère, qui tenait un salon littéraire et politique, lui donne une instruction encyclopédique qui la prédestine à devenir une femme de lettres. Adoptant les idées de la Révolution française, elle dénonce la Terreur puis la politique dictatoriale de Napoléon qu’elle rencontre plusieurs fois pendant le Directoire. Celui-ci ne cessa de la faire espionner dans son château de Coppet où elle était plus ou moins assignée à résidence. Il tenta d’ailleurs de faire détruire dès sa parution son œuvre la plus connue De l’Allemagne (1810-1813), texte écrit en exil qui permit aux Français de mieux connaître la pensée allemande. En 1803 et 1804, accompagnée de son amant Benjamin Constant, protestant libéral comme elle, elle se réfugia en effet en Allemagne où elle rencontra, entre autres célébrités, Goethe et Schiller. Reliant les Lumières au romantisme, Madame de Staël fut aussi une romancière qui défendit dans Delphine et Corinne, ou l’Italie, la condition des femmes tout en élevant ses cinq enfants. Admiratrice de Rousseau, c’est sur lui qu’elle écrit d’abord. Ses Lettres sur les ouvrages et le caractère de J.-J. Rousseau (1788) témoignent déjà de son souci de réconcilier la raison et la sensibilité. Convaincue que l’écrivain a un rôle majeur à jouer dans l’éducation des peuples, elle écrit dans Des circonstances actuelles qui peuvent terminer la Révolution (1798) qu’« il ne faut exécuter une pensée en matière de gouvernement que longtemps après que les écrivains l’ont découverte et livrée à la discussion générale ». Mais, comme Rousseau, Germaine de Staël est une âme déchirée qui ne croit guère au bonheur. N’écrit-elle pas dans De l’Allemagne que « la destination de l’homme sur terre n’est pas le bonheur, mais le perfectionnement » ? Et n’annonce-t-elle pas, en traduisant le fameux poème de Jean Paul sur la mort de Dieu, l’avènement d’un monde désorienté ? Dès De la littérature considérée dans ses rapports avec les institutions sociales (1800), Madame de Staël affirmait que « la poésie mélancolique est la poésie la plus d’accord avec la philosophie » et ses Réflexions sur le suicide (1813) viendront confirmer, à ses yeux, le tragique de l’existence. C’est que, pour elle, l’individu est meurtri par un conflit intense entre les revendications de sa vie intérieure et la dépendance à l’égard du monde extérieur. Aussi est-ce peut-être dans De l'influence des passions sur le bonheur des individus et des nations (1796) que l’originalité et la force de la pensée de Germaine de Staël est la plus manifeste : le propre de la destinée humaine étant d’aller vers la dégradation et la mort, il faut apprendre à abandonner l’illusion de pouvoir satisfaire toutes ses passions, comme le rêve de gloire. La tâche de la philosophie, dont la méthode doit être empathique, est alors d’arracher l’individu au caractère personnel de sa souffrance en l’invitant au renoncement pour vivre des passions désintéressées et rationalisées. Européenne avant l’heure, militante politique, historienne de la littérature, Germaine de Staël fut l’une des femmes les plus modernes de son époque.

Voir plus

Tous les philosophes

Adorno
Alain
Althusser
Günther Anders
G. E. M. Anscombe
Anselme
Arendt
Aristote
Raymond Aron
Voltaire
Augustin
Marc Aurèle
Averroès
Avicenne
Gaston Bachelard
Francis Bacon
Badinter
Badiou
Montesquieu
Baudrillard
Walter Benjamin
Bentham
Henri Bergson
George Berkeley
Bertrand Russell
Pascal Bruckner
Judith Butler
Camus
Barbara Cassin
Ernst Cassirer
Cicéron
Auguste Comte
André Comte-Sponville
Confucius
Benjamin Constant
Cournot
Thomas d'Aquin
Darwin
Simone de Beauvoir
Condillac
Nicolas de Cues
Étienne de La Boétie
La Rochefoucauld
Montaigne
Sade
Germaine de Staël
Alexis de Tocqueville
Debray
Gilles Deleuze
Jacques Derrida
René Descartes
John Dewey
Souleymane Bachir Diagne
Diderot
Diogène
Émile Durkheim
Guillaume d’Ockham
Ralph Waldo Emerson
Sextus Empiricus
Friedrich Engels
Raphaël Enthoven
Épictète
Épicure
Frantz Fanon
Luc Ferry
Feuerbach
Fichte
Finkielkraut
Cynthia Fleury
Michel Foucault
Freud
Camille Froidevaux-Metterie
Michaël Fœssel
Gauchet
Habermas
Hegel
Heidegger
Héraclite
Jeanne Hersch
Hobbes
Hume
Husserl
Hypatie
Ivan Illich
William James
Vladimir Jankélévitch
Karl Jaspers
Hans Jonas
François Jullien
Kant
Søren Kierkegaard
Kristeva
Lacan
Bruno Latour
Leibniz
Lévi-Strauss
Emmanuel Levinas
Locke
Lucrèce
Rosa Luxemburg
Machiavel
Maïmonide
Malebranche
Jean-Luc Marion
Karl Marx
Marcel Mauss
Achille Mbembe
Maurice Merleau-Ponty
John Stuart Mill
Edgar Morin
Iris Murdoch
Nāgārjuna
Jean-Luc Nancy
Nietzsche
Ruwen Ogien
Michel Onfray
Parménide
Blaise Pascal
Charles Pépin
Platon
Plotin
Plutarque
Popper
Hilary Putnam
Jacques Rancière
Ayn Rand
John Rawls
Ernest Renan
Ernest Renan
Ricœur
Rousseau
Sartre
Carl Schmitt
Schopenhauer
Sénèque
Michel Serres
Simondon
Adam Smith
Socrate
Spinoza
Bernard Stiegler
Sun Zi (Sun Tzu)
Henry David Thoreau
Quine
Jean-Pierre Vernant
Giambattista Vico
Schelling
Max Weber
Simone Weil
Wittgenstein
Zhuangzi (Tchouang Tseu)
Žižek
Portrait d’Anne-Louise-Germaine Necker, baronne de Staël-Holstein, connue sous le nom de Madame de Staël. Peinture de Marie-Eléonore Godefroid, d’après François Gérard
Portrait d’Anne-Louise-Germaine Necker, baronne de Staël-Holstein, connue sous le nom de Madame de Staël. Peinture de Marie-Eléonore Godefroid, d’après François Gérard. © Domaine public  
Philosophie magazine n°203 - septembre 2026

Octobre 2026

Philosophie Magazine #203

Comment habiter son corps ?
Voir tous les numéros
Informations
  • À propos
  • Philosophie magazine Éditeur
  • Contributeurs
  • CGU/CGV
  • Contact
  • Contact
  • FAQ
  • Mentions légales
  • Publicité
  • Votre avis nous intéresse
Suivez-nous
  • Bluesky
  • Facebook
  • Instagram
  • Linkedin
  • Threads
  • X