Octobre 2026
Philosophie Magazine #203
Avec Aspasie, la compagne de Périclès, et Hipparchia, celle du philosophe cynique Cratès, Hypatie est la plus célèbre des femmes philosophes de l’Antiquité.
Représentant majeur du stoïcisme de l’époque impériale, Sénèque, espagnol né à Cordoue, fils d’un orateur célèbre, fit ses études à Rome sous la direction d’un maître pythagoricien et d’un maître stoïcien. Apprécié des modernes et des jeunes, il écrivit des tragédies (dont la plus célèbre est Médée) et une satire (Transformation de l’empereur Claude en citrouille).
Comment retrouver l’harmonie avec le monde, le contact spontané avec ce qui nous entoure ? Telle est l’ambition de Zhuangzi (ou Tchouang Tseu), la deuxième grande figure du taoïsme après Laozi (ou Lao Tseu).
Dans un rapport de forces ou un conflit, deux stratégies possibles se présentent : soit attaquer de front, en montrant les muscles au besoin, soit procéder de biais, en ayant recours à la ruse, par exemple. La deuxième voie, celle de l’esquive, est retenue par Sun Zi (ou Sun Tzu) dans un traité devenu fameux, L’Art de la guerre.
Nāgārjuna est le promoteur d’une autre conception du réel, fondée sur la « vacuité ». La vie de ce moine bouddhiste, né entre le IIe et le IIIe siècle au sud-est de l’Inde, reste peu connue et largement mythique. Nāgārjuna est cependant réputé pour avoir fondé l’École du Milieu, en hommage à la Voie du Milieu prônée par l’enseignement de Bouddha.
Il est celui par qui le scandale arrive.
« L’Obscur ». Tel est le surnom dont Héraclite a été affublé dès l’Antiquité, et dont il ne s’est jamais défait. Son caractère ténébreux semble avoir en partie contribué à cette réputation. L’homme, qui vient d’une famille illustre originaire d’Éphèse (en Ionie), se serait toujours opposé à la démocratie et passe volontiers pour un misanthrope sombre et hautain auprès de ses contemporains.
Que serait la philosophie sans lui ? Et même : la philosophie existerait-elle sans lui ? Nul doute qu’elle n’aurait pas le même visage. Socrate est, d’une certaine façon, l’inventeur de la philosophie occidentale ; non pas qu’il n’y ait pas eu de philosophe avant lui ; mais ceux-là, on les dénomme « présocratiques », comme s’ils n’avaient fait que préparer sa venue.
Plus qu’un philosophe, un porte-parole. Principal représentant du scepticisme antique, Sextus n’expose pas sa pensée personnelle mais celle de Pyrrhon d’Élis, cet auteur qui, cinq siècles auparavant, n’a rien écrit lui-même.
Il y a comme un parfum de mystère qui entoure Plotin. Qui est-il ? Certains voient en lui un ascète solitaire et profondément mystique, menant une vie austère, tandis que d’autres le considèrent comme un philosophe de cour, parti de son Égypte natale pour trouver à Rome la gloire et l’amitié de l’empereur Gallien (qui, dit-on venait régulièrement assister à ses cours).
« L’Être est, et le Non-Être n’est pas ». Telle est la formule à laquelle on réduit souvent la pensée de Parménide, comme un slogan qu’on répète pour en admirer l’insondable sagesse et la grande profondeur... ou pour s’en moquer, tant elle peut ressembler à une tautologie, un truisme ou une lapalissade !
Carpe Diem. « Cueille le jour ». Le poète épicurien Horace a su condenser dans cette maxime, devenue fameuse, le principe moteur de l’éthique d'Épicure : profiter de la vie tant qu’il est encore temps. « Le plaisir est principe et fin de vie bienheureuse », écrit Épicure dans sa Lettre à Ménécée, l’un des rares textes de lui qui nous soit parvenu.
Aristote est le plus célèbre des disciples de Platon. Précepteur du jeune Alexandre Le Grand durant trois ans mais attiré par le prestige d’Athènes, celui que l’on surnomme le Stagirite (parce qu’il est né en Macédoine à Stagire) ou le philosophe péripatéticien (parce qu’il enseignait en marchant) fut le fondateur du Lycée, école concurrente de l’Académie de Platon.
Qui n’a jamais rêvé de laisser derrière soi les troubles de la vie sociale et politique pour aller vivre dans une cabane au milieu de la nature ? Témoin d’un empire déchiré par les « royaumes combattants » et d’un pouvoir dynastique affaibli, Confucius aurait eu bien des raisons se détourner ainsi des affaires humaines.
Que ce soit dans son activité d’orateur, d’homme politique ou de philosophe, Cicéron défend une certaine vision de ce à quoi l’humanité peut aspirer. Pour lui, c’est la culture qui, parachevant les qualités naturelles de l'homme, le rend digne de ce nom. Cette culture consiste en l’étude des humanitas, un ensemble de disciplines allant de la philosophie à l’examen des langues et de l’histoire.
Celui que l’on surnomme « l’empereur philosophe » n’ajoute à la doctrine stoïcienne aucun concept. Il ne s’en revendique même pas explicitement, piochant ses références de façon éclectique. Pourquoi est-il alors considéré comme l’un des plus importants penseurs et adeptes de cette école ?
Singulière trajectoire que celle de cet esclave de naissance devenu l’une des figures majeures du stoïcisme antique. Né vers 50 à Hiérapolis en Phrygie, province de l’Empire romain (dans l’actuelle Turquie), Épictète suit son maître à Rome, où il s’initie à la pensée stoïcienne, alors en vogue.
Y a-t-il dans ce monde quelque chose de fixe, de toujours vrai, d’absolument juste, de vraiment beau ? Ou bien faut-il admettre que tout change suivant les lieux, les époques et les esprits… Que la vérité appartient aux beaux-parleurs, le pouvoir aux plus rusés ou aux plus violents, la morale aux hypocrites ? C’est contre le « tout se vaut » que s’insurge Platon.
Notre vie est un enfer : et si nous en faisions un paradis ?