Octobre 2026
Philosophie Magazine #203
Le monde existe-t-il en dehors de l’idée que je me fais de lui, ou a-t-il besoin de moi pour exister en tant que tel ? Voici la question centrale qui anime Johann Gottlieb Fichte, penseur ardu qui effectue d’une certaine manière la jonction entre Kant et Hegel. Fichte se donne pour tâche de montrer l’unité originelle du sujet connaissant (philosophie théorique) et du sujet agissant (philosophie pratique).
Sa Théorie de la justice est le livre de philosophie le plus commenté au XXe siècle. Pourtant John Rawls, son auteur, est toujours resté discret sur sa propre vie. Lorsque ce maître ouvrage paraît en 1971, après une dizaine d’années d’écriture, cet honnête professeur de philosophie politique à Harvard est un parfait inconnu.
Voici le philosophe du pessimisme par excellence ! Toute la philosophie d’Arthur Schopenhauer est en effet marquée par le constat du caractère tragique de l’existence humaine. Selon le penseur allemand, nous passons toute notre vie à poursuivre un objet puis un autre, allant du désir et de la privation à la déception que la possession engendre toujours.
Se servir du rationalisme pour affermir la foi et les dangers de la superstition, tel est le projet de Nicolas Malebranche, prêtre catholique, considéré avec Spinoza et Leibniz comme l’un des grands héritiers de Descartes.
Refonder la médecine, concilier la philosophie et la théologie musulmane, distinguer l’essence et l’existence. Tels sont, parmi d’autres, les projets de ce penseur universel qu’est Ibn Sina, plus connu sous le nom d’Avicenne.
« Et si tu n’existais pas, dis-moi pourquoi j’existerais ? » Trois siècles avant la chanson de Joe Dassin, George Berkeley faisait déjà l’hypothèse radicale que les corps qui nous entourent n’ont pas d’existence en dehors de notre perception.
« Je pense donc je suis », « nous rendre comme maîtres et possesseurs de la nature » : peu de philosophes peuvent se vanter d’avoir formulé des idées qui ont à ce point changé la face du monde. Né à La Haye-en-Touraine le 31 mars 1596 (la ville a depuis pris son nom), Descartes est de ces penseurs dont on peut dire qu’il y a un avant et un après eux.
Y a-t-il dans ce monde quelque chose de fixe, de toujours vrai, d’absolument juste, de vraiment beau ? Ou bien faut-il admettre que tout change suivant les lieux, les époques et les esprits… Que la vérité appartient aux beaux-parleurs, le pouvoir aux plus rusés ou aux plus violents, la morale aux hypocrites ? C’est contre le « tout se vaut » que s’insurge Platon.