Octobre 2026
Philosophie Magazine #203
Jacques Rancière est né à Alger en 1940. Il a été l’élève de Louis Althusser à l’École normale supérieure et participe à la rédaction de Lire le Capital, étude majeure de la pensée de Marx issue d’un séminaire tenu par Althusser à l’ENS en 1965. Il prend ensuite ses distances avec son professeur, et publie en 1974 La Leçon d’Althusser, ouvrage dans lequel il critique sa démarche.
Philosophe et essayiste très présent dans l’espace médiatique, Michel Onfray a enseigné la philosophie au lycée pendant plus de quinze ans, avant d’abandonner cette carrière en 2002 pour fonder l’Université populaire de Caen.
Associé au mouvement des « nouveaux philosophes », un courant médiatique et éditorial né de la pensée critique de gauche post-Mai 68, Alain Finkielkraut a enseigné à l’École polytechnique pendant plus de vingt ans.
Reconnu à l’international comme l’un des plus éminents philosophes français, Jean-Luc Nancy est une figure incontournable du mouvement de la « déconstruction », avec ses amis Jacques Derrida et Philippe Lacoue-Labarthe.
Né à Rabat au Maroc en 1937, Alain Badiou est philosophe, dramaturge, romancier et professeur de philosophie. Son œuvre considérable, où les ouvrages d’une grande complexité théorique (L’Être et l’Événement, 1988, Logique des mondes, 2008) côtoient des livres beaucoup plus grand public qui ont souvent suscité la polémique (De quoi Sarkozy est-il le nom ?
« Philosopher, c’est anticiper ! », affirmait-il. De fait, Michel Serres aura vu venir les bascules majeures de notre temps : la révolution numérique, la crise écologique, l’éloignement de la mort.
« Je me suis demandé plus d’une fois pourquoi Alain, dont j’ai été deux ans l’élève, que j’ai écouté pendant deux ans avec une attention, une admiration quasi religieuse, au point, comme c’était alors le cas des deux tiers d’entre nous, d’imiter sa façon d’écrire, a en définitive laissé en moi si peu de traces. Admirable éveilleur, il avait peu d’avenir dans l’esprit.
Avant de devenir la grande référence de l’idéalisme allemand, Hegel étudia la théologie à Tubingue où il rencontra Hölderlin et Schelling au moment même où éclatait la Révolution française. Il fut tour à tour boursier, précepteur, rédacteur et même proviseur de lycée.
On ne retient souvent de Kant qu’un visage austère et une vie rigoureuse à l’extrême. D’une santé fragile, Kant observait effectivement un régime de vie strict, avec un rythme de travail soutenu et sa fameuse promenade à heures fixes.
Le « cas Heidegger » est peut-être le plus épineux de toute l’histoire de la philosophie, et reste aujourd’hui la source de polémiques toujours très vives parmi ses spécialistes. Incontestablement en effet, Heidegger fut à la fois un philosophe important et un nazi. Mais fut-il les deux en même temps ou l’un indépendamment de l’autre ?
Assez mal connu du grand public, Gilbert Simondon jouit pourtant d’une grande estime auprès des philosophes de métier qui le considèrent souvent comme un esprit profondément visionnaire et original. C’est que Simondon est l’un des premiers, notamment en France, à s’intéresser à la « technique » au sens moderne du terme et à la place grandissante qu’elle occupe dans la société et dans nos vies.
Voici le philosophe du pessimisme par excellence ! Toute la philosophie d’Arthur Schopenhauer est en effet marquée par le constat du caractère tragique de l’existence humaine. Selon le penseur allemand, nous passons toute notre vie à poursuivre un objet puis un autre, allant du désir et de la privation à la déception que la possession engendre toujours.
Qui, à 28 ans, peut se vanter d’avoir déjà publié une demi-douzaine d’exposés systématiques de la philosophie ? Nul autre que le fougueux Schelling, bien sûr !
« Je ne suis pas un homme, je suis de la dynamite. » Ceci n’est pas la dernière punchline d’un boxeur ou d’un rappeur, mais bien d’un philosophe. Mais pas n’importe lequel ! Un philosophe à moustache qui a toujours tenu à marquer sa différence avec une histoire de la philosophie qu’il tient pour aussi moribonde que la civilisation elle-même.
Aristote est le plus célèbre des disciples de Platon. Précepteur du jeune Alexandre Le Grand durant trois ans mais attiré par le prestige d’Athènes, celui que l’on surnomme le Stagirite (parce qu’il est né en Macédoine à Stagire) ou le philosophe péripatéticien (parce qu’il enseignait en marchant) fut le fondateur du Lycée, école concurrente de l’Académie de Platon.
Traducteur, poète, journaliste, philosophe, critique d’art : Walter Benjamin navigue entre les genres comme il a parcouru l’Europe. Toute sa vie, il a tenté de faire sens des bouleversements techniques, esthétiques et politiques qui ont marqué la modernité.
Revenir à l’expérience – tel est le geste radical de John Dewey, placé sous l’influence des fondateurs du pragmatisme William James et Charles Sanders Peirce. Et cela est valable dans tous les domaines : esthétique, éthique, pédagogie et politique.
« Il m’apprit à nouveau la gaité : je ne connaissais personne de gai ; il supportait si allègrement le poids du monde que celui-ci cessa de m’écraser », écrit Simone de Beauvoir à son sujet.
Y a-t-il dans ce monde quelque chose de fixe, de toujours vrai, d’absolument juste, de vraiment beau ? Ou bien faut-il admettre que tout change suivant les lieux, les époques et les esprits… Que la vérité appartient aux beaux-parleurs, le pouvoir aux plus rusés ou aux plus violents, la morale aux hypocrites ? C’est contre le « tout se vaut » que s’insurge Platon.
Commentaires de philosophes, critiques de la psychanalyse, analyses d’œuvres, réflexions sur le quotidien… L’œuvre de Gilles Deleuze a-t-elle un fil conducteur ? Un emprunt à ses Pourparlers peut mettre sur la voie : elle aurait pour objet les « mouvements aberrants » qui donnent de la force et de la singularité à nos vies.