Octobre 2026
Philosophie Magazine #203
« Le vrai et le fait sont équivalents », écrit Giambattista Vico dans De l’antique sagesse de l’Italie (1710). Dieu comprend toute chose car il en est le créateur, le « facteur ». Au contraire, la connaissance humaine est limitée à ce dont l’homme est la cause : les mathématiques, l’art, la société, l’histoire, etc.
Son rasoir est demeuré célèbre. Le reste de son œuvre et sa personne, un peu moins. Comment consolider le raisonnement logique pour parfaire la réflexion théologique, sans pour autant asservir le premier à la deuxième ?
Averroès est souvent perçu comme un précurseur des Lumières en Islam. Mais la réalité est plus complexe. Intellectuel tout-terrain, versé en médecine et en droit, en physique et en poésie, Il a produit l’une des plus importantes philosophies du Moyen Âge, commentant plusieurs fois la quasi-totalité de l’œuvre d’Aristote. Son but ?
Nāgārjuna est le promoteur d’une autre conception du réel, fondée sur la « vacuité ». La vie de ce moine bouddhiste, né entre le IIe et le IIIe siècle au sud-est de l’Inde, reste peu connue et largement mythique. Nāgārjuna est cependant réputé pour avoir fondé l’École du Milieu, en hommage à la Voie du Milieu prônée par l’enseignement de Bouddha.
Comment refonder l’éthique à l’ère de la sécularisation des sociétés et après le scandale des bombes atomiques larguées sur Hiroshima et Nagasaki ? Cette question traverse toute l’œuvre de Gertrude Elizabeth Margaret Anscombe, née en Irlande en 1919.
Il est l‘inventeur de la « religion de l’humanité » : une spiritualité athée, censée réorganiser la société en réalisant l’unité du genre humain. Auguste Comte, polytechnicien fasciné par les mathématiques et les sciences, croit dans le progrès, au sens fort de la croyance. Il en fait une doctrine et une discipline : le positivisme.
Quel est le fondement de l’éthique ?
« Il n'y a pas de proportion de l'infini au fini » : ces mots peuvent résumer la pensée du cardinal allemand Nicolas de Cues. Né en 1401, l’auteur de De la docte ignorance (1440) souligne que le fini est le domaine de la dualité – grand et petit, haut et bas, etc. – sur laquelle repose la raison humaine.
C’est l’un des pères de la sociologie moderne. Émile Durkheim en fait « la science des institutions, de leur genèse et de leur fonctionnement ». Pour lui, la notion d’institution ne se limite pas au sens administratif, elle recouvre « toutes les croyances et tous les modes de conduite institués par la collectivité ».
Voici le philosophe du pessimisme par excellence ! Toute la philosophie d’Arthur Schopenhauer est en effet marquée par le constat du caractère tragique de l’existence humaine. Selon le penseur allemand, nous passons toute notre vie à poursuivre un objet puis un autre, allant du désir et de la privation à la déception que la possession engendre toujours.
Sade, philosophe ? Pornographe, assurément, écrivain, évidemment, polémiste et libre penseur, sans doute, mais philosophe également ?
« Je ne suis pas un homme, je suis de la dynamite. » Ceci n’est pas la dernière punchline d’un boxeur ou d’un rappeur, mais bien d’un philosophe. Mais pas n’importe lequel ! Un philosophe à moustache qui a toujours tenu à marquer sa différence avec une histoire de la philosophie qu’il tient pour aussi moribonde que la civilisation elle-même.
Soif de justice sociale et aspirations mystiques : c’est cette tension, cette vocation même, qui a guidé Simone Weil tout au long de sa courte vie. Celle qui meurt d’épuisement à 34 ans en 1943 s’échine à penser les phénomènes socio-politiques de son temps – la naissance du fascisme, l’aliénation des ouvriers – tout en s’ouvrant à « l’amour divin ».
Qu’est-ce qui fait la grandeur de l’homme ? Son intelligence ? Sa vertu ? Absolument pas, affirme Blaise Pascal, dans une formule paradoxale : « La grandeur de l'homme est grande en ce qu'il se connaît misérable », imparfait, faillible. Encore faut-il l’accepter.