Octobre 2026
Philosophie Magazine #203
Jacques Rancière est né à Alger en 1940. Il a été l’élève de Louis Althusser à l’École normale supérieure et participe à la rédaction de Lire le Capital, étude majeure de la pensée de Marx issue d’un séminaire tenu par Althusser à l’ENS en 1965. Il prend ensuite ses distances avec son professeur, et publie en 1974 La Leçon d’Althusser, ouvrage dans lequel il critique sa démarche.
Ancien résistant, né Edgar Nahoum en 1921 à Paris, Edgar Morin est un philosophe et sociologue français. Étudiant pendant la Seconde Guerre mondiale, il rejoint la résistance communiste en 1942 et devient commandant des Forces françaises combattantes en 1943. Après la guerre, il s’éloigne du Parti communiste et entre au CNRS en 1950.
Philosophe majeur de la déconstruction ancré dans la pensée chrétienne contemporaine, Jean-Luc Marion s’inscrit dans le courant de la phénoménologie. Revendiquant le double héritage de Husserl et Heidegger d’une part et de la théologie chrétienne d’autre part, il propose une philosophie originale dont certains ont considéré qu’elle constituait un « tournant théologique ».
Philologue, sémiologue et psychanalyste française née en Bulgarie en 1941, Julia Kristeva est une femme de lettres devenue, au fil de la trentaine d’ouvrages qu’elle a consacrés à différente figures féminines de la vie intellectuelle, une référence du féminisme contemporain.
Philosophe, helléniste et sinologue reconnu, François Jullien a été président du Collège international de philosophie de 1995 à 1998 et est actuellement titulaire de la chaire sur l’altérité créée à la Fondation Maison des sciences de l’homme.
Romancier et essayiste français, c’est sous la direction de Roland Barthes que Pascal Bruckner soutient en 1975 une thèse consacrée à l’émancipation sexuelle, Le corps de chacun est accessible à tous. Depuis le milieu des années 1980, Bruckner enseigne dans plusieurs universités américaines ainsi qu’à Sciences Po (Paris).
Philosophe et écrivain, Régis Debray entre à l’École normale supérieure en 1960, où il suit un parcours classique, jusqu’à l’agrégation, en même temps qu’il milite à l’Union des étudiants communistes. En 1965, il quitte son poste de professeur au lycée après seulement quelques mois pour rejoindre Cuba, où il se rapproche de Che Guevara, qu’il suit en Bolivie.
Philosophe, ancien élève de l’ENS et agrégé de philosophie, Michaël Fœssel succède à Alain Finkielkraut à l’École polytechnique en 2013. Spécialiste de Kant, ses recherches portent sur la question de la démocratie et du cosmopolitisme. Militant communiste pendant son adolescence, il intervient aujourd’hui dans l’espace public et commente parfois l’actualité politique.
Née en 1947, Barbara Cassin est philosophe et philologue. Élue à l’Académie française en 2018, elle a consacré la plus grande partie de ses recherches aux philosophes grecs d’une part et à la question de la rhétorique d’autre part. Pendant ses études, à la fin des années 1960, elle est durablement marquée par l’œuvre de Heidegger, à l’endroit de la question du langage.
Sociologue et anthropologue de premier plan, Bruno Latour a été formé en philosophie et est considéré dans le monde académique anglophone avant tout comme un philosophe. Souvent critiqué en France, il jouit d’une notoriété considérable à l’étranger, et il fait partie des dix auteurs les plus cités dans les travaux académiques en sciences humaines.
Philosophe et essayiste très présent dans l’espace médiatique, Michel Onfray a enseigné la philosophie au lycée pendant plus de quinze ans, avant d’abandonner cette carrière en 2002 pour fonder l’Université populaire de Caen.
Associé au mouvement des « nouveaux philosophes », un courant médiatique et éditorial né de la pensée critique de gauche post-Mai 68, Alain Finkielkraut a enseigné à l’École polytechnique pendant plus de vingt ans.
Reconnu à l’international comme l’un des plus éminents philosophes français, Jean-Luc Nancy est une figure incontournable du mouvement de la « déconstruction », avec ses amis Jacques Derrida et Philippe Lacoue-Labarthe.
Philosophe et sociologue allemand né en 1929, Jürgen Habermas est un représentant de la deuxième génération de l’École de Francfort, à la suite de Horkheimer et Adorno, dont il a été assistant dans les années 1950. Figure majeure de la pensée occidentale de la deuxième moitié du XXe siècle, il est reconnu comme l’un des grands penseurs de l’Europe.
Philosophe et psychanalyste, Cynthia Fleury est professeur au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam) et dirige la chaire de philosophie à l’hôpital Sainte-Anne de Paris. Ses premiers travaux philosophiques portent sur la question de l’imagination.
Philosophe et écrivaine, Élisabeth Badinter est une représentante du féminisme universaliste français. Spécialiste du siècle des Lumières, elle publie en 1980 son premier livre, L’Amour en plus, qui remet en question le caractère naturel de l’amour maternel.
Philosophe slovène d’inspiration marxiste, Slavoj Žižek est né à Ljubljana en 1949. Mondialement célèbre pour ses interventions publiques radicales souvent provocatrices et pour son personnage public aisément identifiable, il a été en partie formé en France, où il a découvert la psychanalyse lacanienne, qui influence durablement son œuvre.
Professeur de philosophie ministre de l’Éducation nationale (2002 - 2004) sous Jacques Chirac, Luc Ferry devient célèbre en 1985 lorsqu’il publie La Pensée 68 avec Alain Renaut. Dans ce texte, les deux auteurs critiquent les figures intellectuelles généralement associées au mouvement de Mai : Bourdieu, Lacan, Derrida et Foucault.
Philosophe, ancienne « voix » de la radio à France Culture et à Europe 1, il participe aujourd’hui à l’aventure du journal Franc-Tireur, aux côtés de Caroline Fourest. Il a publié en 2024 L’Esprit artificiel. Une machine ne sera jamais philosophe (Éditions de L’Observatoire).
Philosophe et professeur au lycée d’État de la Légion d’honneur, Charles Pépin est l’auteur d’essais philosophiques et de romans qui l’ont popularisé auprès du grand public. Dans Les Vertus de l’échec (2016) et La Confiance en soi (2018), il fait appel pêle-mêle aux sagesses antiques, à la philosophie moderne (Bergson, Nietzsche et R. W.
Philosophe et historien, Marcel Gauchet est un penseur de la démocratie dont les travaux ont marqué la philosophie politique française contemporaine. Instituteur dans les années 1960, il poursuit ses études et rencontre Claude Lefort à l’université de Caen.
Née en 1968, Camille Froidevaux-Metterie est professeure de science politique à l’université de Reims Champagne-Ardenne. Elle a consacré une partie de ses travaux à la question théologique aux États-Unis avant de concentrer ses recherches sur la condition féminine.
Appartenant à la génération des philosophes qui succèdent aux grandes figures de Mai 68, André Comte-Sponville propose une philosophie originale qui puise aussi bien dans sa jeunesse chrétienne que dans le marxisme, qu’il a étudié auprès de Louis Althusser, après avoir intégré l’École normale supérieure en 1972.
Né à Rabat au Maroc en 1937, Alain Badiou est philosophe, dramaturge, romancier et professeur de philosophie. Son œuvre considérable, où les ouvrages d’une grande complexité théorique (L’Être et l’Événement, 1988, Logique des mondes, 2008) côtoient des livres beaucoup plus grand public qui ont souvent suscité la polémique (De quoi Sarkozy est-il le nom ?
Il est l’un des rares représentants d’un courant de pensée qu’il a fondé en France : l’éthique minimale. Ruwen Ogien, enfant né de parents rescapés de la Shoah, resté mystérieux sur son année de naissance, est mort en mai 2017. Il laisse derrière lui une œuvre précise, inspirée par la rigueur de la philosophie analytique anglo-saxonne, bien que dénuée d’esprit de sérieux.
« Philosopher, c’est anticiper ! », affirmait-il. De fait, Michel Serres aura vu venir les bascules majeures de notre temps : la révolution numérique, la crise écologique, l’éloignement de la mort.
Le genre d’une personne est-il déterminé par son sexe, ou est-il une construction arbitraire, indépendante de celui-ci ? Depuis Beauvoir, c’est ainsi que le débat féministe s’était articulé. Jusqu’à ce que Judith Butler pose la question autrement, en s’affranchissant de l’opposition entre féminin et masculin.
C’est pour résoudre la contradiction entre ce qu’il identifiait comme ses deux influences que Ricœur confie être devenu philosophe : la recherche de la vérité, soit « la recherche de la précision conceptuelle », et ses convictions religieuses protestantes – son « sens du drame, de l’intimité, de la profondeur ».