Octobre 2026
Philosophie Magazine #203
Née à Paris, fille de Jacques Necker, ministre des finances de Louis XVI, Germaine de Staël est élevée dans un milieu protestant, d’origine genevoise. Sa mère, qui tenait un salon littéraire et politique, lui donne une instruction encyclopédique qui la prédestine à devenir une femme de lettres.
Considéré comme l’un des meilleurs penseurs politiques de son temps, Benjamin Constant fut le champion du libéralisme au début du XIXe siècle.
Ralph Waldo Emerson n’est pas seulement le chef de file d’un courant de pensée original : le transcendantalisme, courant qui soutient que l’homme peut se transcender lui-même au contact de la nature. Il est aussi considéré comme le père de la philosophie américaine.
Penseur et homme politique libéral, inspiré par Montesquieu, Alexis de Tocqueville est considéré comme l’un des meilleurs analystes de la démocratie dont il voit à la fois les forces et les faiblesses.
Plus célèbre des penseurs danois, Kierkegaard est considéré comme une figure majeure de l’existentialisme chrétien et un précurseur de la psychologie des profondeurs.
Le monde existe-t-il en dehors de l’idée que je me fais de lui, ou a-t-il besoin de moi pour exister en tant que tel ? Voici la question centrale qui anime Johann Gottlieb Fichte, penseur ardu qui effectue d’une certaine manière la jonction entre Kant et Hegel. Fichte se donne pour tâche de montrer l’unité originelle du sujet connaissant (philosophie théorique) et du sujet agissant (philosophie pratique).
Il est l‘inventeur de la « religion de l’humanité » : une spiritualité athée, censée réorganiser la société en réalisant l’unité du genre humain. Auguste Comte, polytechnicien fasciné par les mathématiques et les sciences, croit dans le progrès, au sens fort de la croyance. Il en fait une doctrine et une discipline : le positivisme.
« Platon, Locke, Spinoza, Mill, Caird, Hegel – et j’aurai la prudence de taire les noms de ceux qui sont plus proches de nous – ne sont sans doute pour beaucoup d’entre vous, chers auditeurs, qu’autant de façons de manquer son but. Si ces visions du monde étaient vraies, ce serait une absurdité totale » : voilà qui s’appelle jouer des coudes pour se faire une place dans l’histoire.
Avant de devenir la grande référence de l’idéalisme allemand, Hegel étudia la théologie à Tubingue où il rencontra Hölderlin et Schelling au moment même où éclatait la Révolution française. Il fut tour à tour boursier, précepteur, rédacteur et même proviseur de lycée.
C’est l’un des pères de la sociologie moderne. Émile Durkheim en fait « la science des institutions, de leur genèse et de leur fonctionnement ». Pour lui, la notion d’institution ne se limite pas au sens administratif, elle recouvre « toutes les croyances et tous les modes de conduite institués par la collectivité ».
Voici le philosophe du pessimisme par excellence ! Toute la philosophie d’Arthur Schopenhauer est en effet marquée par le constat du caractère tragique de l’existence humaine. Selon le penseur allemand, nous passons toute notre vie à poursuivre un objet puis un autre, allant du désir et de la privation à la déception que la possession engendre toujours.
Qui, à 28 ans, peut se vanter d’avoir déjà publié une demi-douzaine d’exposés systématiques de la philosophie ? Nul autre que le fougueux Schelling, bien sûr !
Peut-on évoquer l’œuvre d’Engels sans mentionner aussitôt celle de Marx ? Tâche périlleuse, tant ce théoricien du socialisme semble avoir œuvré dans l’ombre à la réussite de son compagnon de lutte. Pourtant, Engels n’a pas seulement financé les recherches de Marx en travaillant dans l’usine textile de son père ; il en a aussi été pour beaucoup l’instigateur.
« C’est dans la vie sauvage que repose la sauvegarde du monde. » En plein essor industriel des États-Unis, un jeune diplômé de Harvard fait entendre une voix discordante dans les années 1830, en proposant de retrouver un mode de vie centré sur le sauvage.
« Je ne suis pas un homme, je suis de la dynamite. » Ceci n’est pas la dernière punchline d’un boxeur ou d’un rappeur, mais bien d’un philosophe. Mais pas n’importe lequel ! Un philosophe à moustache qui a toujours tenu à marquer sa différence avec une histoire de la philosophie qu’il tient pour aussi moribonde que la civilisation elle-même.
« Homo homini deus. » L’homme est un dieu pour l’homme, proclame Ludwig Feuerbach, qui élabore dans son œuvre phare L’Essence du christianisme (1841) l’une des critiques de la religion les plus radicales de son temps.
A priori, le petit John avait tout du fils à papa. Poussé par un père exigeant, il fut l’un des esprits les plus brillants de son temps qui, à huit ans, avait déjà lu de nombreux livres d’histoire et des dialogues de Platon, avant d’étudier, dès douze ans, la Logique d’Aristote dans le texte, puis de se tourner vers les mathématiques et l’économie... comme papa !
Les espèces animales et végétales sont-elles nées par hasard ou doivent-elles leur existence à un plan de la nature ordonné et immuable ? Jusqu’au XIXe siècle, les grands récits sur l’origine du monde (l’aristotélisme, la Bible…) s’accordaient sur la seconde option.
Pourquoi, à l’âge du progrès industriel, la plupart des hommes vivent-ils dans la misère ? Comment œuvrer efficacement à l’avènement d’un monde où régnerait la justice sociale ? Questions essentielles auxquelles Marx, le père du communisme moderne, tentera toute sa vie de donner des réponses savantes et accessibles dont s’inspireront les grands mouvements révolutionnaires du XXe siècle.
Admettons que demain, un super-ordinateur connaisse l’ensemble des lois de la nature et du vivant tout en ayant accès à toutes les données disponibles dans le monde, sur la nature comme sur les hommes. Cet ordinateur pourrait-il prévoir avec certitude le futur ?